L’Iran se dit prêt à un accord avec les États-Unis sur le nucléaire si les sanctions sont levées
Téhéran a exprimé sa volonté de conclure un nouvel accord avec les États-Unis concernant son programme nucléaire. Selon Ali Shamkhani, conseiller du guide suprême Ali Khamenei, l’Iran accepte de renoncer à la production d’uranium hautement enrichi nécessaire à la fabrication d’armes nucléaires, mais n’envisage pas d’arrêter totalement ses activités nucléaires.
En échange, Téhéran attend la levée complète des sanctions économiques ainsi que la reconnaissance internationale de son droit à l’énergie nucléaire à des fins pacifiques. C’est ce qu’a rapporté la chaîne NBC News le 15 mai.
Conditions clés proposées par l’Iran
L’Iran est prêt à :
- renoncer à l’accumulation d’uranium hautement enrichi ;
- poursuivre l’enrichissement à un niveau sûr pour un usage civil ;
- autoriser l’accès des inspecteurs internationaux à ses installations nucléaires.
Ces engagements devraient faire partie d’un nouvel accord avec l’administration de Donald Trump, en échange de la levée de toutes les sanctions économiques.
L’Iran propose un consortium d’enrichissement de l’uranium
D’après The New York Times, l’Iran a lancé l’idée de créer un consortium international pour l’enrichissement de l’uranium avec la participation de pays arabes et des États-Unis. Le mécanisme proposé inclut :
- une coopération avec les pays du Golfe ;
- une production d’uranium enrichi à 3,67 % ;
- une exportation à des fins pacifiques vers les pays arabes.
Contrairement à l’accord de 2015, cette proposition prévoit un format illimité dans le temps et la présence d’observateurs étrangers dans les installations iraniennes.
Les États-Unis démentent des négociations
Malgré les informations sur d’éventuelles négociations, les représentants américains démentent l’existence d’un tel accord. Le bureau du représentant spécial de Donald Trump pour le Moyen-Orient a déclaré que l’idée d’un consortium “n’a jamais été discutée officiellement”.
De plus, la création d’une telle structure semble peu probable en raison de l’absence de relations diplomatiques entre l’Iran et les États-Unis, ainsi que de la rivalité entre l’Iran, l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis.
Perspectives du programme nucléaire iranien
L’accord de 2015 a été annulé en 2018, lorsque Donald Trump a retiré les États-Unis. Depuis, l’Iran a fortement intensifié son programme nucléaire. Selon l’AIEA, fin 2023, l’enrichissement de l’uranium avait atteint 60 %, se rapprochant du niveau militaire (90 %).
Les récentes négociations indirectes, menées avec la médiation d’Oman depuis avril, laissent entrevoir une possibilité de compromis. Les États-Unis exigent l’arrêt complet de l’enrichissement et la fermeture des installations clés de Natanz, Fordow et Ispahan.
Conclusion
L’Iran montre sa volonté de limiter son programme nucléaire, mais uniquement en échange de garanties de sécurité et de la levée des sanctions. Les négociations se poursuivent, et l’avenir de l’accord dépend autant de la détermination des États-Unis que de la capacité de l’Iran à faire des compromis.








